Alors que la saison des pluies bat son plein, le Centre National de Gestion des Catastrophes et des Urgences Environnementales (CNGCUE), au Ministère de l’Environnement et du Développement Durable, intensifie ses efforts pour prévenir et réduire les risques liés aux catastrophes naturelles en Guinée.
Dans un entretien accordé à notre rédaction, M. Barry Alassane, Directeur Général du Centre, a détaillé les missions de sa direction, les actions menées sur le terrain et les dispositifs mis en place pour faire face aux aléas majeurs qui frappent régulièrement le pays.
« Notre centre est chargé d’élaborer et de mettre en œuvre les politiques nationales de prévention et de réduction des risques de catastrophes. Nous travaillons à l’identification, la cartographie, la sensibilisation communautaire et la coordination nationale en matière d’alerte et de réponse », a déclaré M. Barry.
Une stratégie nationale actualisée et des relais locaux actifs
Le CNGCUE a récemment mis à jour la Stratégie Nationale de Réduction des Risques de Catastrophes 2024-2030, une feuille de route holistique validée par tous les acteurs nationaux. Elle définit les axes d’intervention et les responsabilités partagées entre institutions publiques, collectivités, ONG et partenaires techniques.
Pour assurer une couverture territoriale efficace, le centre a mis en place des points focaux dans les 33 préfectures du pays et les cinq communes de Conakry. Ces relais sont chargés de remonter les alertes, de cartographier les zones à haut risque, et d’animer des comités de veille communautaire, dont 20 sont déjà opérationnels.
« Ces comités sont nos sentinelles locales. Ils jouent un rôle crucial dans la sensibilisation des populations aux comportements à risque, notamment en matière d’occupation anarchique des sols ou de gestion des déchets », souligne le directeur.
Les catastrophes les plus récurrentes : inondations, éboulements et incendies
Selon les statistiques de 2024, les inondations constituent la catastrophe naturelle la plus fréquente et la plus meurtrière en Guinée. Elles sont suivies de glissements de terrain, particulièrement dans les zones d’exploitation artisanale de l’or (Haute Guinée), où l’on a dénombré près de 100 décès en une année. Les incendies domestiques, les feux de brousse et les vents violents complètent la liste des aléas majeurs.
« Le feu est un phénomène croissant, difficilement maîtrisable, surtout dans les milieux urbains densément peuplés. Les vents violents, quant à eux, causent des dégâts matériels importants, notamment sur les infrastructures publiques et privées », précise M. Barry.
Une chaîne de gestion structurée autour de la prévention, la réponse et la reconstruction
La gestion des catastrophes repose sur trois piliers : la prévention, la réponse d’urgence et le relèvement/reconstruction. Le rôle du centre est essentiellement axé sur l’amont (prévention) et l’aval (évaluation post-catastrophe).
« En cas de sinistre, ce sont la Protection Civile et les structures humanitaires qui prennent le relais pour sauver les vies et apporter les secours. De notre côté, nous évaluons l’efficacité des dispositifs, tirons les leçons et mettons les données à disposition des partenaires pour la reconstruction », explique le directeur du CNGCUE.
Appel à la vigilance et campagne de sensibilisation en cours
Face aux fortes précipitations attendues dans la partie sud du pays – entre 1 000 et 1 500 mm selon les prévisions – le Centre appelle la population à faire preuve de résilience et de vigilance accrue, notamment dans les zones à risques.
Une campagne de sensibilisation est prévue dès la semaine prochaine dans les cinq communes de Conakry, débutant à Kaloum. Elle impliquera les collectivités locales, chefs de quartiers, ONG et leaders d’opinion.
« Nous insistons sur l’entretien des canalisations, la bonne gestion des déchets, et la responsabilisation citoyenne face à ces défis. Nous sommes soutenus par Madame la Ministre et prêts à descendre sur le terrain pour informer, alerter et mobiliser », conclut M. Barry Alassane.
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