Lors d’une réunion tenue jeudi 10 juillet 2025 avec les cadres de son parti, le Pastef, le Premier ministre Ousmane Sonko a publiquement exprimé son malaise face à certaines décisions et dynamiques internes au sein de la coalition au pouvoir. Ses propos laissent transparaître un désaccord croissant avec le président de la République, Bassirou Diomaye Faye.
Dans une déclaration aux accents critiques, le leader du Pastef a évoqué un pacte de confiance noué à l’origine entre lui et le président Faye, élargi par la suite à El Malick Ndiaye, actuel président de l’Assemblée nationale. Ce pacte, selon Sonko, avait pour fondement la transparence et une gouvernance concertée. « Ce qu’on s’est dit, seul Dieu en est témoin », a-t-il déclaré, tout en soulignant que le respect de cet accord reste essentiel à l’équilibre du pouvoir.
Le Premier ministre a également dénoncé des manœuvres qu’il juge prématurées, notamment des recrutements présumés de militants à Touba dans la perspective de l’élection présidentielle de 2029. Sans nommer directement les auteurs de ces initiatives, il s’est interrogé sur les intentions derrière ces actions : « Pourquoi 2029 ? », a-t-il lancé.
Face aux interrogations grandissantes de l’opinion publique sur l’unité du pouvoir exécutif, Ousmane Sonko a tenu à réaffirmer sa loyauté et sa transparence. Il a également rappelé avoir sollicité l’arbitrage d’El Malick Ndiaye, témoin du pacte post-législatif, pour rétablir certaines vérités.
Tout en affirmant son attachement à ses fonctions, Sonko a laissé entendre que la situation actuelle pourrait l’amener à revoir son positionnement institutionnel. « Le jour où le président estime que je ne peux plus être Premier ministre, je prendrai mes responsabilités », a-t-il déclaré, précisant qu’il retournerait si nécessaire à son siège de député.
Dans un climat politique marqué par des attentes fortes de la population, le Premier ministre a enfin souligné son rôle central au sein de l’appareil d’État, affirmant qu’il reste, en théorie, le chef de la majorité parlementaire et du gouvernement : « Je ne vais nulle part », a-t-il conclu avec fermeté.




