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Projet de Constitution en Guinée : l’ANAD exprime un rejet ferme et appelle à des amendements majeurs

Dans une déclaration rendue publique ce vendredi 11 juillet 2025, l’Alliance Nationale pour l’Alternance Démocratique (ANAD) a officiellement rejeté le projet de Constitution récemment transmis au président de la Transition. Selon cette coalition politique, le texte proposé comporte des dispositions contraires à la Charte de la Transition et aux engagements internationaux souscrits par la République de Guinée.

L’ANAD pointe notamment du doigt l’absence de reconduction de l’article 46 de la Charte de la Transition, interdisant toute candidature du président et des membres du CNRD aux futures élections. Pour la coalition, cette omission ne saurait être perçue comme accidentelle, mais plutôt comme une volonté manifeste d’ouvrir la voie à une candidature du chef de la junte, en violation des principes de la transition et de la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance.

« En autorisant implicitement la candidature du président de la Transition, ce projet bafoue la Charte nationale, les engagements internationaux de la Guinée, et constitue un parjure grave », déclare l’ANAD. La coalition rappelle que le général Mamadi Doumbouya a prêté serment de respecter et faire respecter la Charte de la Transition. Pour elle, toute tentative de se soustraire à ces engagements constituerait un reniement de ce serment et une entorse aux valeurs républicaines.

Face à cette situation, l’ANAD formule plusieurs exigences avant toute soumission du texte au référendum :

  • La reconduction intégrale des articles 46, 55 et 65 de la Charte de la Transition dans les dispositions transitoires ;
  • La suppression de l’article 74, perçu comme une garantie d’impunité pour le président de la République, en contradiction avec l’article 160 relatif à la Cour spéciale de justice ;
  • La réduction de la durée du mandat présidentiel à cinq ans ;
  • L’obligation pour le chef de l’État de déclarer publiquement ses biens en début et en fin de mandat.

L’Alliance prévient que sans ces ajustements, elle mènera une opposition résolue contre ce projet qu’elle considère comme une menace pour l’ordre constitutionnel, les principes démocratiques de la CEDEAO et les engagements internationaux de la Guinée.

webguinee.info