Après l’adoption du projet de la nouvelle Constitution par le Conseil National de la Transition (CNT), la phase de vulgarisation a été lancée sur toute l’étendue du territoire national. Toutefois, cette démarche suscite des réactions contrastées au sein de l’opinion publique. Plusieurs citoyens se sont exprimés, dénonçant ce qu’ils considèrent comme un processus peu inclusif, certains estimant que la parole n’est pas suffisamment donnée à toutes les composantes de la société. Ces frustrations alimentent un climat de scepticisme, poussant une partie de la population à envisager de boycotter le référendum prévu pour le 21 septembre prochain.
Dans ce contexte tendu, Elhadj Mamadou Sylla, président de l’Union Démocratique de Guinée (UDG), a pris la parole pour clarifier sa position. Car il ne trouve pas de raison valable de rejeter le processus. « Dans l’histoire de la Guinée, je n’ai jamais vu un président en exercice organiser une élection et en sortir perdant, ou encore voir cette élection empêchée. Surtout lorsqu’il s’agit d’un référendum constitutionnel qui doit permettre à notre pays de retrouver l’ordre constitutionnel tant réclamé par les acteurs politiques et la société civile », a-t-il déclaré.
Revenant sur les événements de 2020, Mamadou Sylla a rappelé son opposition au projet de troisième mandat du président Alpha Condé. À l’époque, une forte coalition regroupant les partis politiques, les organisations de la société civile et le FNDC s’était mobilisée contre la modification de la Constitution. Malgré de nombreuses manifestations, aucune avancée significative n’avait été obtenue. Il confie qu’il avait été personnellement contacté par Alpha Condé, qui lui avait demandé de se désolidariser du mouvement de protestation en lui assurant que les élections, notamment le référendum et les législatives, auraient lieu avec tous les moyens de l’État déployés pour garantir leur tenue.
Après concertation avec ses alliés politiques, Mamadou Sylla, conscient des limites du rapport de force, avait finalement décidé de faire participer son parti aux élections législatives, couplées au référendum constitutionnel. « Alpha Condé a eu la majorité à l’Assemblée nationale, mais malgré les irrégularités, mon parti est arrivé en deuxième position », a-t-il rappelé.
Il a également dénoncé l’attitude de certains leaders politiques de l’époque qui avaient empêché leurs militants de se présenter aux législatives, pour ensuite se porter eux-mêmes candidats à l’élection présidentielle, validant ainsi le troisième mandat tant contesté.
Fidèle à sa ligne républicaine, Mamadou Sylla réaffirme aujourd’hui son engagement pour la paix et la stabilité du pays. Il précise que s’il a autorisé la participation des militants de l’UDG à la campagne de vulgarisation de l’avant projet de la nouvelle Constitution, ce n’est le référendum qu’il s’oposerait . « Le moment venu, une circulaire officielle déterminera la position que nous prendrons et sera mise à la connaissance de tous les militants sur toute l’étendue du territoire national », a-t-il conclu, appelant ses militants et sympathisants à rester attentifs et mobilisés.
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