Le Réseau Environnement Bauxite (REB) a tenu, ce jeudi 24 juillet 2025 à Conakry, son assemblée générale annuelle. Cette rencontre stratégique, placée sous le thème de la gouvernance environnementale, de la transparence et du développement durable, a réuni des représentants de compagnies minières, des autorités publiques, des partenaires internationaux ainsi que des acteurs de la société civile, rapporte Guineematin.com.
Créé en mai 2018 à l’initiative de la Chambre des Mines de Guinée (CMG), avec l’appui du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), le REB regroupe sept entreprises minières opérant dans la région de Boké : AMC, AMR, BAM, CBG, DM, GAC et SMB. Sa mission : coordonner les efforts du secteur minier pour une gestion responsable des impacts environnementaux et sociaux liés à l’exploitation de la bauxite.
En ouverture de la rencontre, la présidente du REB, Aïssatou Bobo Diallo, a présenté un rapport d’activités marquant deux années d’actions concrètes. « En deux ans, nous avons atteint près de 59 % de nos objectifs. Le REB s’est imposé comme un acteur clé du développement minier durable dans la région de Boké », s’est-elle félicitée.
Des réalisations concrètes et une dynamique de coopération renforcée
Parmi les principales avancées, on note :
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L’élaboration d’un manuel de réhabilitation minière durable pour les sites bauxitiques ;
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Une étude de gestion intégrée du paysage dans les zones à impacts cumulatifs ;
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Le reboisement de plus de 30 000 m² de terres dégradées avec plus de 26 000 arbres plantés ;
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Et, sur le plan social, le soutien à des projets d’agriculture durable, avec notamment l’aménagement de 20 000 m² pour le maraîchage et la plantation de 2 000 arbres fruitiers.
L’assemblée a également permis d’adopter le plan d’action 2025 et de renouveler les instances dirigeantes du réseau, dans un esprit de transparence et d’inclusivité.
Karifa Condé, directeur général de la Compagnie des Bauxites de Guinée (CBG) et président du Conseil d’administration de la CMG, a salué l’évolution des mentalités dans le secteur minier :
« Longtemps perçus comme des destructeurs de l’environnement, les acteurs miniers montrent aujourd’hui une réelle volonté de reboiser, de protéger la biodiversité et de renforcer la gouvernance écologique. C’est une transformation notable que nous devons encourager. »
Même son de cloche du côté de la Banque mondiale. Son représentant, Issa Diaw, a souligné l’importance d’impliquer les collectivités locales pour assurer l’impact durable des initiatives environnementales :
« La synergie créée entre les différents acteurs est essentielle. Elle renforce la pertinence des actions et facilite leur appropriation par les communautés. »
Un réseau inclusif, salué à l’échelle internationale
Salimatou Diallo, présidente de l’organisation Women in Mining Guinée, a salué la maturité institutionnelle du REB, tout en appelant à une plus grande implication des femmes et des jeunes :
« Les défis liés à la gestion des ressources minières et à la préservation de l’environnement ne peuvent être relevés que par une démarche collective, concertée et inclusive. »
De son côté, Mamadou Ciré Camara, représentant du PNUD, a rappelé que l’expérience du REB a été valorisée au plan international lors de la Déclaration de New York sur les forêts en 2018.
« Ce modèle guinéen a été salué par le secteur privé mondial et a facilité l’adhésion de la Guinée à cette déclaration. »
Le représentant de la ministre de l’Environnement, le capitaine N’Faly Camara, inspecteur régional de l’environnement à Boké, a pour sa part insisté sur l’importance d’une intégration locale des principes environnementaux :
« Le REB œuvre à internaliser les normes environnementales, en partant des réalités, des savoirs et des attentes des communautés locales. Une approche essentielle pour l’ancrage des projets. »
Un modèle en devenir pour la gestion durable des ressources minières
Sur le plan financier, le réseau affiche une situation stable, reposant sur les contributions de ses membres et l’appui de partenaires. Toutefois, la présidente a tenu à rappeler l’importance de l’engagement collectif :
« Le REB est une plateforme d’action. La participation active de chacun est indispensable à la réussite de notre mission. »
En définitive, cette assemblée générale 2025 du REB a dépassé le simple exercice de bilan. Elle a confirmé la montée en puissance d’une gouvernance environnementale dans le secteur minier guinéen et une volonté partagée d’harmoniser développement économique et respect de l’environnement.
Alors que des projets d’envergure, tels que Simandou, s’apprêtent à transformer le paysage minier du pays, le modèle REB pourrait bien faire école comme référence nationale en matière de gestion durable des ressources extractives.
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