Chaque 13 août, le monde rend hommage à une minorité pas si silencieuse : les gauchers. Représentant environ 10 % de la population
mondiale, ils bénéficient depuis 1976 d’une journée qui leur est dédiée.Initiée par le Left-Handers Club au Royaume-Uni. L’objectif de cette journée est double : célébrer leur différence et sensibiliser le public aux difficultés parfois invisibles auxquelles ils sont confrontés.
De la stigmatisation aux revendications
Pendant des siècles, être gaucher était perçu comme une anomalie,voire une tare. Dans certaines cultures, la main gauche était associée à la malchance, à l’impureté ou à des superstitions négatives. À l’école, il n’était pas rare que des enseignants obligent les enfants
gauchers à écrire de la main droite, provoquant maladresse et inconfort. Bien que ces pratiques aient presque disparu, les gauchers
évoluent toujours dans un monde largement pensé pour les droitiers.
Un quotidien parfois à contre-main .Les exemples sont nombreux : ciseaux, ouvre-boîtes, appareils photo,
instruments de musique, bureaux scolaires avec tablette latérale,
voire disposition des manettes de jeu vidéo… la plupart des outils sont conçus pour la main droite. Résultat : pour de simples tâches
quotidiennes, les gauchers doivent souvent s’adapter, bricoler des solutions ou investir dans du matériel spécialisé.
Des talents reconnus
Pourtant, la gaucherie a aussi ses atouts. De nombreux artistes,
musiciens et sportifs de haut niveau sont gauchers : Léonard de Vinci,
Paul McCartney, Rafael Nadal ou Lionel Messi en sont des exemples célèbres. Dans certaines disciplines sportives comme le tennis,l’escrime ou la boxe, le fait d’être gaucher offre même un avantage
stratégique, car les adversaires sont moins habitués à affronter cette
configuration.
La Journée internationale des gauchers est l’occasion de rappeler que l’inclusion passe aussi par la conception d’outils, d’espaces et de services adaptés à tous. Des campagnes de sensibilisation, des rencontres et des initiatives pédagogiques sont organisées dans plusieurs pays pour promouvoir une meilleure compréhension des besoins spécifiques de cette communauté.
Près de cinquante ans après son institution, cette journée reste un symbole : celui de la reconnaissance d’une différence longtemps
incomprise, mais qui constitue aujourd’hui une richesse culturelle et
humaine.
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