Près de six mois après l’attaque armée dont il a été victime, Abdoul Sacko, coordinateur national du Forum des Forces Sociales de Guinée (FFSG) et membre du Mouvement mondial pour la démocratie, a livré un message de gratitude et de réflexion citoyenne.
Dans la nuit du 19 février 2025, des hommes en treillis lourdement armés, à bord d’une dizaine de véhicules non immatriculés, ont pris d’assaut le domicile de l’activiste à Conakry, causant de graves traumatismes physiques et psychologiques à lui et à sa famille. Selon lui, ses opinions et engagements en faveur des droits et libertés fondamentales seraient à l’origine de cette agression.
Un hommage à la solidarité nationale et internationale
Malgré l’absence, à ce jour, d’enquête officielle annoncée par les autorités judiciaires et sécuritaires, Abdoul Sacko affirme que la mobilisation citoyenne et la solidarité de nombreux acteurs lui ont permis de surmonter cette épreuve.
« Grâce à vous, ma vie a été sauvée, ma santé se rétablit progressivement, et mon intégrité physique et morale se reconstitue avec espoir », a-t-il déclaré, s’adressant à ses compatriotes, aux organisations de défense des droits humains, aux médias, aux diplomates et aux ONG internationales.
Une dénonciation des dérives de gouvernance
Dans son message, l’activiste ne s’est pas limité à remercier ses soutiens. Il a également dressé un constat sévère de la gouvernance actuelle en Guinée, qu’il accuse d’entretenir « la peur et la terreur comme mode de gestion ».
Il a rappelé plusieurs drames récents – dont l’incendie du dépôt de carburant de Kaloum, les bousculades meurtrières de N’Zérékoré ou encore le récent glissement de terrain à Manéah – pour dénoncer « une gouvernance défaillante, dépourvue du sens du devoir et de responsabilité ».
Selon lui, le pays se divise aujourd’hui entre deux catégories : d’un côté, des Guinéens intégrés dans la gestion publique, mais instrumentalisés par le système ; de l’autre, ceux qui, parce qu’ils détiennent des compétences, des leviers d’influence ou un patriotisme actif, sont perçus comme des menaces et réprimés.
Un appel à la justice et à la responsabilité
Pour sortir de cette crise, Abdoul Sacko plaide pour une refondation basée sur la justice, la responsabilité et la restauration de l’éthique dans la gestion publique. Il exhorte les institutions judiciaires et sécuritaires à retrouver leurs missions républicaines, loin de l’image d’instruments de répression politique.
Il appelle également les autorités religieuses, traditionnelles et morales à rappeler aux gouvernants leurs devoirs, et insiste sur la nécessité de replacer le mérite, la réflexion et le débat d’idées au centre de la vie publique, en opposition au clientélisme et à la soumission intellectuelle.
Une Guinée à reconstruire
Enfin, le coordinateur du FFSG réaffirme sa foi en l’idéal de la Guinée de 1958, bâtie sur le triptyque « Travail – Justice – Solidarité ». Il assure qu’il est possible de reconstruire une nation fondée sur la dignité, les libertés fondamentales et la coopération internationale, sans renoncer aux valeurs culturelles et cultuelles du pays.
« Contrairement à ceux qui nous enseignent le fatalisme et la résignation, il est tout à fait possible de rebâtir la Guinée rêvée par nos pères fondateurs. Mettons-nous à l’œuvre et maintenant ! », conclut-il.






