L’université de Chicago a publié, ce jeudi 28 août, son rapport annuel sur l’indice mondial de la qualité de l’air, qui mesure notamment l’impact des particules fines sur l’espérance de vie. Si, à l’échelle mondiale, la pollution atmosphérique continue de s’aggraver sous l’effet du réchauffement climatique et de la multiplication des incendies, l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale enregistrent, elles, de timides progrès.
Entre 2022 et 2023, la concentration moyenne en particules fines a reculé de 1,7 microgramme par mètre cube, pour s’établir autour de 21 microgrammes par mètre cube. Une avancée notable, mais encore très insuffisante : ce niveau reste quatre fois supérieur au seuil recommandé par l’Organisation mondiale de la santé (OMS).
Ces particules, de taille inférieure à 2,5 micromètres, sont particulièrement nocives pour la santé, car elles pénètrent profondément dans les poumons. Elles proviennent principalement des activités industrielles, des transports et de la combustion du bois.
Certaines capitales figurent parmi les zones les plus touchées : au Cameroun, la pollution de l’air réduit l’espérance de vie moyenne de 2,7 années, tandis qu’à Kinshasa (RDC), ce chiffre grimpe à 3,2 ans.
Face à cette menace silencieuse, quelques pays de la région ont mis en place des politiques publiques dédiées, comme le Sénégal dès 2003 ou le Togo en 2020. Mais ces initiatives restent encore trop limitées pour inverser durablement la tendance.
Longtemps centrée sur les maladies infectieuses, la santé publique doit désormais prendre en compte la pollution de l’air, qui représente une menace sanitaire comparable et croissante.
Source rfi
