Une vidéo diffusée ce samedi 11 octobre sur les réseaux sociaux a ravivé la tension à Madagascar. Un groupe de militaires, mené par un colonel se présentant sous le nom de Mickael, y appelle les forces armées à « prendre leurs responsabilités » et à refuser d’obéir à des ordres jugés contraires à l’intérêt du peuple.
Quelques heures plus tard, plusieurs soldats ont été vus rejoignant les manifestants dans les rues de la capitale.
Un appel à la conscience des forces armées
Dans cette vidéo tournée à visage découvert, le colonel Mickael, entouré d’une vingtaine de militaires, dénonce la soumission de l’armée à des ordres illégaux :
« Nous, militaires, ne jouons plus notre rôle. Refusons d’être rémunérés pour tirer sur nos amis, nos frères, nos sœurs », déclare-t-il face caméra.
Le groupe appelle les militaires, y compris ceux chargés de la sécurité des palais présidentiels, à rejoindre le Corps d’administration des personnels et services de l’armée de terre (Capsat), situé à Soanierana, dans le sud d’Antananarivo.
Ce camp, hautement symbolique, est considéré comme le centre logistique et administratif de l’armée malgache. C’est d’ailleurs là qu’était partie, en 2009, la mutinerie qui avait conduit à la chute de l’ancien président Marc Ravalomanana et à l’arrivée au pouvoir d’Andry Rajoelina.
Appel au calme du gouvernement
Face à cette montée de tension, le ministre des Forces armées, le général Rakotoarivelo, a appelé ses « frères d’armes » au calme et au dialogue :
« Il peut y avoir des divergences d’idées, mais le recours à la force et à la violence n’est pas une solution », a-t-il insisté.
Le chef d’état-major de l’armée de terre, le général Rakotoson, s’est aussitôt rendu au Capsat pour rencontrer les militaires à l’origine de cette initiative et tenter d’apaiser la situation.
Des militaires rejoignent les manifestants
Dans l’après-midi, des véhicules remplis de soldats armés ont été aperçus aux côtés de milliers de manifestants près du lac Anosy, dans le sud de la capitale. Selon des images de l’AFP, la police a tiré des grenades lacrymogènes pour tenter de disperser la foule, tandis que les manifestants scandaient des remerciements à l’endroit des militaires. Certains d’entre eux brandissaient fièrement le drapeau malgache.
En parallèle, des partisans du président Andry Rajoelina se sont également rassemblés dans le quartier d’Antanimena, signe que la crise politique continue de diviser profondément la société malgache.




