Pour beaucoup de souverainistes en Afrique et dans le monde, la Guinée qui a su semer la grainé du souverainisme et du panafricanisme n’à pas le droit de laisser ses experts nationaux de plus en plus nombreux et compétents dans le domaine des études socioéconomique et administrative sans protection juridique face aux consultants internationaux de plus en plus médiocres et plagiaires, c’est malheureusement le constat indigne d’une République de Guinée en quête de refondation
En effet, depuis trop longtemps, notre pays, la République de Guinée, vit sous un paradoxe persistant, celui d’un peuple riche en savoirs, mais appauvri par la méfiance envers ses propres compétences.
Alors que plus de 3 000 experts nationaux économistes, juristes, ingénieurs, sociologues, planificateurs, financiers, environnementalistes etc.. œuvrent dans près de 500 cabinets et structures nationales, ils restent, pour la plupart, écartés des grands projets de développement.
Les marchés d’études et de réformes sont souvent confiés à des experts étrangers qui, dans bien des cas, reprennent parfois sans citation les travaux et propositions des Guinéens eux-mêmes.
Cette situation n’est plus seulement une injustice ; c’est une forfaiture nationale.
Elle traduit un complexe d’infériorité intellectuelle que rien ne justifie, car les compétences guinéennes sont aujourd’hui reconnues parmi les meilleures du continent.
■ UNE DÉPENDANCE INTELLECTUELLE COÛTEUSE ET HUMILIANTE.
Chaque année, plus de 200 milliards de francs guinéens quittent notre économie pour rémunérer des experts internationaux, souvent parachutés pour exécuter des missions que nos compatriotes peuvent réaliser avec plus de pertinence et à moindre coût.
Cette hémorragie financière et morale mine notre souveraineté, entretient une dépendance intellectuelle et prive nos jeunes diplômés de perspectives concrètes.
Pendant ce temps, les États sérieux du continent le Sénégal, le Maroc, le Rwanda, le Ghana ont adopté depuis longtemps des lois de préférence nationale dans le domaine de la consultance et de l’expertise.
Pourquoi la Guinée, riche de tant de cerveaux, persiste-t-elle à douter de son intelligence ?
■ UN PROJET DE LOI POUR REDONNER SENS À LA SOUVERAINETÉ.
Tres bientot nonobstant les derives méthodologiques graves des experts dits internationaux comptés pour conduire le PREMAP actuel qui risque encore de ne pas atteindre les vrais résultats de changement souhaité, le CERFOP dans sa mission d’appui aux parlementaires a lancé les reflexions en atelier restrein pour elaborer cette fois un Projet de Loi portant Promotion, Protection et Valorisation de l’Expertise Nationale. Ce texte une fois consolidé sera soumis au Conseil National de la Transition (CNT) par le CERFOP soit sous forme de projet ou de proposition de lois soumis par les conseillers nationaux ou le Ministère du Travail et de la Fonction Publique pour réparer cette anomalie historique.
Il ne s’agit pas d’un texte corporatiste, mais d’un outil de refondation nationale, fondé sur trois principes clairs :
1. La primauté de l’expertise nationale dans toute mission publique ou projet financé sur fonds publics ;
2. L’égalité de traitement et de rémunération entre experts guinéens et étrangers, à compétence égale ;
3. Le renforcement de la souveraineté intellectuelle par la création d’institutions solides comme le Registre National des Experts (RNE), l’Autorité Nationale de l’Expertise et du Conseil (ANEC) et le Fonds National de Valorisation de l’Expertise (FONAVE).
■ LES BÉNÉFICES D’UNE TELLE LOI SONT ÉVIDENTS :
● Économiques : réduction de près de 50 % des dépenses de consultance étrangère et économie annuelle de plus de 100 milliards GNF.
●Sociaux : création de milliers d’emplois, réinsertion des experts de la diaspora et renforcement de la fierté nationale.
●Institutionnels : meilleure appropriation des réformes publiques, transparence accrue et gouvernance souveraine.
En clair, investir dans l’intelligence guinéenne, c’est investir dans la Guinée.
■ UN APPEL SOLENNEL AU GOUVERNEMENT ET AU CNT
Le moment est venu de traduire en actes la refondation que nous appelons de nos vœux.
La Guinée ne peut se contenter d’un discours de souveraineté ; elle doit la bâtir dans ses têtes avant de la proclamer sur ses tribunes.
Nous appelons donc solennellement :
● Le Gouvernement de la Transition, à inscrire en urgence ce projet de loi à l’ordre du jour du Conseil des ministres ;
● Le Conseil National de la Transition (CNT), à examiner, amender et adopter sans délai ce texte fondateur, garantissant la dignité et la reconnaissance de nos experts ;
● Les partenaires techniques et financiers, à respecter désormais le principe du partenariat obligatoire avec les experts guinéens dans toute mission internationale.
■ L’HEURE DE LA SOUVERAINETÉ INTELLECTUELLE A SONNÉ.
La Guinée ne se développera pas uniquement par ses mines ou ses barrages, mais par l’intelligence de ses filles et fils.
▪︎Chaque fois que nous doutons de nos compétences, nous renonçons à un morceau de notre indépendance.
▪︎Chaque fois que nous valorisons un expert guinéen, nous élevons la Nation.
Adoptons donc cette loi non pas comme un texte administratif de plus, mais comme un acte fondateur de dignité nationale.
Car oui, la Guinée doit désormais se gouverner par ses cerveaux, avec ses cerveaux, pour son avenir.
Pour amendement et consolidation par tous voici le draft de cette loi issue d’un atelier spécial que le CERFOP a organisé du 26 au 28 octobre 2025 dans sa salle de réflexion scientifique aux archives du CNT. À considérer que le CERFOP se réunira les jours à venir pour rédiger et proposer en même temps les textes d’application . Lisez en cliquant sur le ci-dessous




