L’hémicycle du Palais du Peuple a servi de cadre, ce vendredi, à la présentation du Projet de Loi de Finances Rectificative (PLFR) 2025 par le ministre du Budget, Facinet Sylla, devant les conseillers nationaux du Conseil National de la Transition (CNT). Ce projet de loi vise à ajuster les prévisions économiques et budgétaires initiales pour mieux répondre aux réalités actuelles du pays et aux priorités du Gouvernement.

D’entrée, le ministre Sylla a salué la vision de Son Excellence le Général Mamadi Doumbouya, Président de la République, et la coordination du Premier ministre Amadou Oury Bah, soulignant que cette révision budgétaire s’inscrit dans la dynamique de refondation nationale engagée depuis plusieurs mois.
Un contexte économique exigeant
Le ministre a rappelé que plusieurs facteurs internationaux et régionaux ont bouleversé les prévisions initiales : tensions géopolitiques persistantes, conflits armés, instabilités au Proche-Orient et pressions commerciales mondiales. À cela s’ajoutent la hausse des dépenses sécuritaires en Afrique de l’Ouest et la baisse de l’aide extérieure, pesant sur les équilibres macroéconomiques des pays de la sous-région.
Sur le plan national, le ministre a mis en avant les efforts consentis par l’État pour le retour à l’ordre constitutionnel, avec la tenue du référendum du 21 septembre 2025, la préparation des élections à venir, la restructuration du gouvernement et la poursuite du projet Simandou 2040, qualifié de moteur du développement socioéconomique durable.
Des prévisions budgétaires revues à la hausse
Les nouvelles projections économiques montrent un taux de croissance du PIB révisé à 7,2 % et une inflation moyenne ramenée à 5 %. Le ministre a également mis en avant la stabilité du franc guinéen, demeurant en dessous de 8 500 GNF pour 1 dollar américain.
Les recettes budgétaires sont désormais estimées à 43 063 milliards GNF, soit une hausse de 22,4 % par rapport à la loi initiale. Cette progression est portée par la mobilisation accrue des recettes douanières (+46%) et des impôts intérieurs (+11,5%), faisant grimper la pression fiscale à 15,6 % du PIB.
Parmi les mesures phares, figurent :
L’exonération de la TVA et la réduction des droits de douane sur les véhicules neufs et leurs accessoires, pour favoriser le renouvellement du parc automobile et réduire les risques d’accidents ;
L’exonération de TVA sur les équipements et matériels électriques, afin de lutter contre les incendies domestiques récurrents.
Des dépenses orientées vers les investissements structurants
Les dépenses publiques s’élèvent désormais à 53 394 milliards GNF, en hausse de 22,8 %, avec une forte orientation vers les investissements publics (+29,9 %). Ces dépenses représentent près de 40 % du budget total, financées à 76 % par des ressources intérieures.
Le ministre a également souligné la prise en charge de nouvelles priorités sociales, notamment :
700 milliards GNF pour le financement du chronogramme de la transition,
400 milliards GNF pour la gratuité de la Carte Nationale d’Identité biométrique et de l’extrait de naissance,
109 milliards GNF pour l’indemnisation des victimes du 28 septembre 2009.
Un déficit maîtrisé et des financements identifiés
Le PLFR 2025 prévoit un déficit budgétaire de 10 330 milliards GNF, soit 4 % du PIB. Ce déficit sera intégralement couvert par des financements internes et externes clairement identifiés, dont des bons et obligations du Trésor, des titres d’État et des emprunts extérieurs.
Le ministre Facinet Sylla a conclu en réaffirmant l’engagement du Gouvernement à gérer les finances publiques avec rigueur, transparence et responsabilité, tout en privilégiant les investissements à fort impact social et économique.
« Ce projet de loi rectificative traduit la volonté du Gouvernement de s’adapter aux réalités économiques du moment, tout en maintenant le cap de la refondation nationale », a déclaré le ministre du Budget, sous les applaudissements nourris des conseillers nationaux.
CHEICK