À l’ouverture du sommet des chefs d’État en prélude à la COP30 de Belém, le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva a lancé la Tropical Forest Forever Facility (TFFF), un mécanisme de financement inédit destiné à rémunérer les pays tropicaux qui protègent leur couvert forestier. Présentée comme l’un des héritages majeurs de cette conférence climatique, cette initiative entend lever 25 milliards de dollars pour générer des revenus annuels redistribués aux États exemplaires dans la lutte contre la déforestation. Plusieurs nations, dont la France, la Norvège, l’Indonésie et la Colombie, ont déjà promis leur contribution, à hauteur de 10 milliards de dollars cumulés. Le président Lula y voit un instrument de solidarité entre pays du Sud et un tournant pour la gouvernance mondiale des forêts, tandis qu’Emmanuel Macron a conditionné la participation française estimée à 500 millions d’euros d’ici 2030 à des critères de transparence et de performance scientifique.
Mais derrière l’enthousiasme affiché, les doutes demeurent. Le modèle économique de la TFFF, fondé sur des placements financiers censés générer des rendements stables, suscite le scepticisme de nombreux experts. Certains y voient un pari risqué sur les marchés, d’autres un nouvel avatar du « capitalisme vert » qui réduit les services écosystémiques à une valeur marchande. Si la TFFF séduit par son ambition et son potentiel d’impact global, elle reste fragile face aux incertitudes de gouvernance, à la frilosité des donateurs et à l’absence de garde-fous stricts sur l’utilisation des fonds. Entre espoir d’un mécanisme durable et crainte d’un outil spéculatif, la promesse de Lula devra encore convaincre pour devenir un véritable levier de préservation des forêts tropicales.
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