Alors que la 30ᵉ Conférence des Nations unies sur le climat (COP30) entre dans sa phase décisive, les ministres du monde entier rejoignent Belém, dans le nord du Brésil, pour tenter de débloquer des négociations qui stagnent. Ce lundi 17 novembre, RFI a consacré une édition spéciale à l’analyse des enjeux de cette dernière semaine, en s’appuyant sur ses envoyés spéciaux et plusieurs experts.
La première semaine de travaux s’est achevée sur un constat préoccupant : aucun accord n’a été trouvé sur trois points clés – l’ambition climatique, le financement et les barrières commerciales. Dix ans après l’Accord de Paris, les dérèglements climatiques se multiplient : inondations, cyclones, incendies, sécheresses et vagues de chaleur frappent désormais toutes les régions du globe. À Belém, 193 délégations tentent de coordonner une réponse internationale à un phénomène qui s’accélère.
Selon Aïssatou Diouf, coordinatrice Afrique de l’Ouest du Réseau Action Climat International, l’Afrique est en première ligne. Elle cite l’exemple du Sénégal, où l’avancée de la mer ronge les côtes, détruit les plages et fragilise le secteur touristique : « Beaucoup d’hôtels n’ont plus de plage, ce qui signifie moins d’emplois. Les températures, quant à elles, dépassent souvent les 40°C pendant une grande partie de l’année », souligne-t-elle.
Face à cette réalité, une question s’impose : les dirigeants présents à la COP30 mesurent-ils pleinement l’ampleur de la crise ? Pour Lola Vallejo, directrice de la diplomatie et des partenariats à la Fondation européenne pour le climat, chaque pays devra soumettre de nouvelles contributions d’ici 2035 pour réduire ses émissions. « Il faut accélérer, car les engagements actuels ne permettront pas d’éviter les pires effets du réchauffement ni de maintenir la hausse des températures sous 1,5°C », avertit-elle.
Une COP marquée par l’absence des États-Unis
Un acteur majeur manque toutefois à l’appel : les États-Unis. Le président Donald Trump, revenu au pouvoir et fidèle à sa ligne climatosceptique, a choisi de ne pas participer. Comme le rappelle Vincent Souriau, correspondant de RFI à Washington, Trump a qualifié la science climatique « d’intox » lors d’un discours virulent à la tribune de l’ONU en septembre 2025. Son administration a enchaîné les mesures anti-environnementales : retrait des Accords de Paris, arrêt des investissements dans les énergies propres, levée des restrictions sur le forage en Arctique, suppression des aides aux véhicules électriques, soutien accru au charbon.
Cette vacance politique et financière des États-Unis fragilise la dynamique de la COP30, alors que l’Union européenne est appelée à jouer un rôle de leadership dans un contexte international alourdi par la guerre en Ukraine et le conflit à Gaza.
Une dernière semaine cruciale pour des avancées concrètes
Pour Simon Stiell, secrétaire exécutif d’ONU Climat, l’heure n’est plus aux affrontements diplomatiques : « Votre rôle n’est pas de vous battre entre vous, mais de combattre la crise climatique. Se lamenter n’est pas une stratégie. Nous avons besoin de solutions. » Il exhorte les États à s’engager davantage dans la sortie des énergies fossiles, l’essor des renouvelables et le financement promis aux pays vulnérables.
Après une première semaine marquée par des discussions techniques, la COP30 entre désormais dans une phase hautement politique. Les questions les plus sensibles seront abordées : financement Nord-Sud, tensions commerciales entre la Chine et l’Union européenne sur les technologies vertes, et surtout définition d’un calendrier clair pour la sortie des énergies fossiles.
Cette dernière ligne droite sera déterminante pour savoir si les pays parviennent enfin à dépasser leurs divisions et répondre à une urgence climatique qui, elle, ne cesse de s’intensifier.
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