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Classement 2025 des villes africaines les plus propres : Conakry absente du Top 30, la FEGEDEG tire la sonnette d’alarme

 

La Fédération des Gestionnaires des Déchets de Guinée (FEGEDEG) a exprimé sa vive préoccupation à la suite de la publication, par Jeune Afrique, du classement 2025 des villes africaines les plus propres. La capitale guinéenne, Conakry, ne figure pas parmi les trente villes retenues, un constat jugé alarmant par les acteurs nationaux de l’assainissement et révélateur de défis structurels persistants.

Réalisée sur la base d’une étude conduite en 2024, la méthodologie de Jeune Afrique repose principalement sur une enquête de perception menée auprès de près de 7 900 personnes dans 41 villes du continent. Les villes évaluées ont été notées sur une échelle de 0 à 10, selon plusieurs critères incluant la propreté des rues et espaces publics, la gestion des déchets solides, l’assainissement et le drainage, l’hygiène des marchés et lieux publics, l’implication citoyenne, l’action des autorités locales et, plus largement, la qualité du cadre de vie urbain. L’absence de Conakry dans ce classement laisse supposer une note inférieure à 4/10, seuil observé pour les dernières villes classées.

Selon l’analyse de la FEGEDEG, cette situation s’explique notamment par la faiblesse du système de gestion des déchets solides, le faible taux de collecte régulière, l’obstruction chronique des caniveaux entraînant des inondations récurrentes, ainsi qu’une urbanisation rapide et souvent anarchique. À cela s’ajoutent la faible application des sanctions contre l’insalubrité, un incivisme persistant, la sous-valorisation de l’expertise nationale, l’absence de capitalisation des innovations existantes et le manque de politiques sectorielles cohérentes et durables en matière d’assainissement.

Face à ce diagnostic, la FEGEDEG estime que la Guinée peut inverser la tendance à condition de bâtir ses stratégies d’assainissement sur les compétences nationales existantes et de renforcer la coordination entre les différents acteurs concernés. L’assainissement, souligne la Fédération, est une problématique transversale et multisectorielle qui requiert une synergie effective entre l’État, les collectivités locales, le secteur privé, les organisations de la société civile, les centres de recherche et de formation, les incubateurs ainsi que les médias.

Dans cette perspective, la FEGEDEG appelle le gouvernement à aller au-delà des efforts déjà engagés en mettant en place un cadre permanent de réflexion et de concertation. Un tel mécanisme permettrait de bâtir un système de gestion des déchets plus inclusif, participatif et complémentaire, tout en consolidant et valorisant les initiatives positives déjà expérimentées sur le terrain. La Fédération poursuit par ailleurs la vulgarisation des recommandations issues du Forum de Valorisation des Acquis et Innovations dans le Secteur de l’Assainissement (VAISA-Guinée 2024), dont la principale préconisation reste la signature d’un Pacte national de salubrité en Guinée.

Le classement 2025 place Kigali (Rwanda) en tête avec une note de 9,4, suivie de Rabat (Maroc) et de Cotonou (Bénin). Plusieurs capitales ou grandes métropoles ouest-africaines, telles que Abidjan, Dakar, Accra ou Lomé, figurent dans le Top 30, accentuant le contraste avec l’absence de Conakry et renforçant l’urgence d’une réforme profonde et concertée du secteur de l’assainissement en Guinée.

 

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