Le 25 septembre 2025 , le Journal Officiel de la République de Guinée a publié un numéro spécial consacré aux ajustements bipartites des conventions minières et d’infrastructures liées au projet Simandou, l’un des plus grands projets miniers intégrés d’Afrique. Ces ajustements concernent principalement les conventions liant l’État guinéen à Simfer S.A. (Rio Tinto) pour les blocs 3 et 4, ainsi qu’à Winning Consortium Simandou (WCS) pour les blocs 1 et 2.
Ces accords révisés s’inscrivent dans le cadre de la mise en œuvre effective du Projet d’infrastructures co-développé, fruit d’une volonté commune de mutualiser les infrastructures ferroviaires et portuaires nécessaires à l’exploitation du gisement de fer du mont Simandou. Cette mutualisation repose sur la création de la Compagnie du Transguinéen (CTG), une société de droit guinéen dans laquelle l’État détient 15 % du capital.
Une harmonisation juridique et technique des conventions existantes
Les ajustements publiés visent à adapter les conventions minières initiales aux nouvelles réalités du co-développement, tout en préservant l’équilibre contractuel entre les parties. Ils clarifient notamment les rôles respectifs des sociétés de projet et de la CTG durant les phases de construction et d’exploitation des infrastructures ferroviaires et portuaires.
Le texte précise également les objectifs de production de Simfer, qui passent désormais à une capacité initiale de 60 millions de tonnes par an, avec une perspective d’extension pouvant atteindre 100 millions de tonnes, sous réserve d’études de faisabilité positives et de conditions de marché favorables.
Réaménagement du calendrier, fiscalité et contenu local
Les nouvelles dispositions tiennent compte du calendrier réaliste de mise en service des infrastructures co-développées, avec un ajustement de la date de première production commerciale. Elles introduisent par ailleurs des modifications importantes en matière de fiscalité, notamment l’intégration des règles internationales du Pilier 2 de l’OCDE/G20, tout en simplifiant le régime de TVA applicable au projet.
Un accent particulier est mis sur le contenu local, avec un engagement renforcé en faveur de l’emploi, de la formation de la main-d’œuvre guinéenne et du transfert de compétences. Simfer est autorisée, à titre dérogatoire et encadré, à assurer directement certaines activités d’extraction, tout en augmentant progressivement la part de travailleurs nationaux.
Une innovation majeure en faveur de l’éducation
Fait notable, l’État guinéen s’engage à affecter 5 % des recettes fiscales, taxes et dividendes générés par Simfer en phase d’exploitation à un Budget d’Affectation Spéciale dédié au financement du système éducatif guinéen. Ces ressources serviront notamment à renforcer l’enseignement scientifique, à moderniser les infrastructures scolaires et à faire appel à des experts internationaux pour la formation des enseignants.
Un cadre renforcé pour un projet stratégique national
À travers ces ajustements bipartites, la Guinée consolide le cadre juridique et institutionnel du projet Simandou, en alignant exploitation minière, développement d’infrastructures et retombées socio-économiques durables. Ce réajustement marque une étape décisive vers la concrétisation d’un projet stratégique appelé à transformer durablement l’économie nationale. Ci-dessous la copie du journal officiel




