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Fonction publique : des agents recrutés en 2024 dénoncent une baisse salariale et exigent justice

 

La colère monte au sein de la fonction publique guinéenne. Un collectif regroupant 8 024 agents recrutés en 2024, majoritairement issus des secteurs de l’éducation et de la santé, est monté au créneau ce jeudi pour dénoncer ce qu’il qualifie d’injustices salariales et administratives. Réunis en conférence de presse au siège du Syndicat National de l’Éducation (SNE), ces agents fustigent notamment la baisse jugée arbitraire de leurs salaires, l’absence d’effet financier de leur titularisation et le non-paiement des primes statutaires, malgré l’existence d’actes administratifs dûment signés.

Selon le porte-parole du collectif, Bilo Dioubaté, les agents concernés ont été officiellement engagés le 6 décembre 2024, puis affectés dès janvier 2025 dans différentes localités du pays, où ils ont exercé leurs fonctions, souvent dans des conditions difficiles. La surprise, explique-t-il, est intervenue en septembre 2025, à la publication des bulletins de salaire. « Notre indice monétaire est passé de 1 372 à 1 319, sans aucune base légale, alors que nous relevons des ministères de l’Éducation et de la Santé bénéficiant d’un régime indiciaire spécifique », a-t-il dénoncé, affirmant détenir des bulletins de juillet et août 2025 prouvant que l’indice initial leur avait bien été appliqué avant cette baisse.

Autre point de discorde : la titularisation sans impact financier. Un acte administratif signé le 31 décembre 2025 par le ministre sortant du Travail et de la Fonction publique devait consacrer leur statut de fonctionnaires titulaires. Pourtant, les bulletins de salaire de janvier 2026 ne traduisent aucun changement. « Nous ne sommes toujours pas titularisés sur le plan financier. Plus grave encore, certains agents n’ayant pas effectué le stage probatoire ont été titularisés et bénéficient de tous les avantages, pendant que ceux qui ont réellement servi l’État sont laissés pour compte », a regretté M. Dioubaté.

Le collectif pointe également de nombreuses anomalies sur la plateforme de gestion administrative et de la solde (FIGAS/FUGAS). Aucune prime statutaire n’aurait été versée (prime de craie, de préparation, d’incitation, de zone ou de documentation). À cela s’ajoutent, selon eux, l’absence de prise en compte de deux échelons d’avancement (échelon 6 appliqué au lieu de 8) ainsi qu’un indice salarial bloqué à 1 610 au lieu de 1 638. Chaque agent perdrait ainsi au moins 80 000 francs guinéens par mois, soit un manque à gagner global estimé à plus de 400 millions de GNF mensuels, en incluant les agents de santé.

Présent à la rencontre, le secrétaire général du SNE, Michel Pépé Balamou, a confirmé avoir été saisi par le collectif, notamment par les 3 044 enseignants recrutés par voie de tablette en 2024, après treize mois de stage probatoire. « Il est de notre devoir moral de porter ces revendications auprès des ministères concernés – Fonction publique, Budget, Enseignement préuniversitaire et Enseignement technique. Les engagements déjà signés doivent être appliqués », a-t-il déclaré. Le syndicat annonce la rédaction imminente d’une plateforme revendicative qui sera déposée auprès des autorités compétentes.

Tout en réaffirmant leur attachement à la stabilité du système éducatif et au dialogue social, les agents avertissent toutefois que la patience a ses limites. « La trêve sociale a un prix : le respect des engagements de l’État. Sans cela, la frustration continuera de grandir », préviennent-ils. Le collectif exige notamment la correction immédiate des bulletins de salaire, le rétablissement du salaire de base, le paiement intégral des primes statutaires et le rappel de tous les montants indûment prélevés depuis septembre 2025. À défaut de réponses satisfaisantes, il se réserve le droit d’engager toutes les actions légales nécessaires pour obtenir réparation.

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