Une pratique intime de plus en plus répandue chez les jeunes générations suscite l’inquiétude des professionnels de santé : la strangulation pendant les rapports sexuels. Influencée par certains contenus pornographiques valorisant la domination et la brutalité, cette pratique s’est progressivement banalisée. Pourtant, selon des données relayées par la presse britannique, elle serait aujourd’hui l’une des principales causes d’accidents vasculaires cérébraux chez les femmes de moins de 40 ans au Royaume-Uni, se classant au deuxième rang dans cette tranche d’âge.
Derrière ce qui est parfois présenté comme un simple jeu érotique se cache un danger neurologique réel. Comprimer le cou prive le cerveau d’oxygène et peut provoquer en quelques secondes une perte de connaissance, des lésions cérébrales, des troubles de la mémoire, des difficultés d’élocution, voire des séquelles irréversibles. Des études menées aux États-Unis ont déjà mis en évidence des marqueurs biologiques de traumatismes cérébraux chez des femmes ayant subi des étranglements répétés lors de rapports sexuels. Même sans traces visibles, les conséquences peuvent être graves et durables.
Face à cette banalisation, les spécialistes appellent à renforcer l’information et la prévention, notamment auprès des jeunes. Car contrairement à certaines idées reçues, il n’existe aucune méthode totalement sûre pour pratiquer la strangulation : priver le cerveau d’air ou de sang, même brièvement, comporte toujours un risque vital. Le défi est donc d’éduquer sans moraliser, d’alerter sans stigmatiser, afin de rappeler que le plaisir ne doit jamais se transformer en mise en danger.
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