L’Union africaine a réaffirmé son intransigeance face aux changements de pouvoir anticonstitutionnels. Son président de la Commission, Mahmoud Ali Youssouf, a assuré qu’aucune tolérance ne sera accordée aux coups d’État. Cette déclaration intervient alors que les dirigeants guinéen Mamadi Doumbouya et gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema ont pris part au sommet, dans un contexte de transitions politiques également suivies en Guinée-Bissau et à Madagascar par des envoyés spéciaux de l’UA.
Concernant les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) – Mali, Niger et Burkina Faso – l’organisation panafricaine privilégie le dialogue avec les régimes militaires en place. Pour Mahmoud Ali Youssouf, la prolifération des groupes terroristes constitue le défi majeur dans la région. Le nouveau président de l’UA, Évariste Ndayishimiye, également envoyé spécial pour le Sahel, plaide pour une solidarité régionale renforcée afin de lutter contre le jihadisme tout en encourageant un retour progressif à l’ordre constitutionnel. Une plateforme sécuritaire réunissant dix-huit pays devrait voir le jour dans les prochaines semaines, tandis que la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest prévoit une réunion de ses chefs d’état-major à Freetown pour coordonner la lutte antiterroriste.
Par ailleurs, l’Union africaine affirme rester déterminée à « faire taire les armes » sur le continent. La guerre au Soudan a suscité des critiques quant au rôle du Conseil de paix et de sécurité, accusé d’inaction malgré les recommandations de la Commission africaine des droits de l’homme. Adeoye Bankole, responsable des Affaires politiques, Paix et Sécurité, assure que l’UA demeure active sur le terrain. Sur la crise à l’est de la République démocratique du Congo, Évariste Ndayishimiye a appelé à l’application des accords de paix et à un processus de désarmement. Enfin, les dirigeants africains ont reconnu la colonisation comme crime contre l’humanité et réaffirmé leur soutien au peuple palestinien.
Le président ghanéen John Dramani Mahama a annoncé qu’une résolution sera déposée à l’ONU en mars 2026 pour qualifier la traite des esclaves africains de « plus grave crime contre l’humanité ».
Rfi



