Le Conseil National de la Transition (CNT) a procédé ce jeudi 5 mars, à l’examen du projet de loi de Plan 2026-2040 relatif au Programme de développement socio-économique durable et responsable Simandou 2040, une initiative stratégique portée par le Président de la République, le Général Mamadi Doumbouya, visant à transformer structurellement l’économie guinéenne à l’horizon 2040.
Une procédure d’urgence pour un programme stratégique
Saisi le 22 février 2026 par le Gouvernement en procédure d’urgence, le CNT a confié l’étude du texte à la Commission du Plan, des Affaires Financières et du Contrôle Budgétaire, appuyée par les autres commissions permanentes pour avis.
Selon le rapport présenté par le Rapporteur Général du CNT, l’honorable N’Gouamou Fabara Koné, le programme Simandou 2040 constitue une vision ambitieuse de développement durable, inclusif et responsable visant à faire de la Guinée une économie prospère et diversifiée.
Le programme prévoit notamment :
une croissance économique moyenne de 10,3 % par an ;
un PIB estimé à 152 milliards de dollars en 2040, contre environ 35 milliards actuellement ;
la création de plus de 5 millions d’emplois ;
une diversification des sources de richesse et une amélioration significative des conditions de vie des populations.
L’initiative repose sur un portefeuille de 122 mégaprojets et 39 réformes structurantes, couvrant 14 secteurs prioritaires.
Cinq piliers stratégiques pour structurer la croissance
L’architecture du programme Simandou 2040 repose sur cinq piliers majeurs :
1. Agriculture, industrie alimentaire et commerce.
Ce pilier prévoit la modernisation des chaînes de valeur agricoles, la mécanisation, le développement de l’agro-industrie locale et l’atteinte de l’autosuffisance alimentaire.
2. Éducation et culture
Le programme prévoit notamment l’allocation de 20 % des recettes de l’État à l’éducation, la construction d’universités régionales et le renforcement des programmes de formation.
3. Infrastructures, transports et technologies
Parmi les projets majeurs figurent la construction de 2 900 km d’autoroutes, 2 500 km de lignes ferroviaires et une couverture numérique atteignant 95 % du territoire d’ici 2040.
4. Économie, finance et assurance
L’objectif est de moderniser le système financier, renforcer le secteur bancaire et développer les assurances.
5. Santé et bien-être
Le programme ambitionne d’améliorer l’accès aux soins et de renforcer les capacités du système national de santé.
Au total, les investissements nécessaires sont estimés à 330 milliards de dollars sur quinze ans, répartis sur trois phases de cinq ans.
Un financement reposant sur plusieurs sources
Le modèle de financement du programme repose sur une mobilisation combinée de ressources publiques et privées :
38 % par les investisseurs privés (126 milliards USD)
32 % par le budget de l’État (105 milliards USD)
19 % par les fonds souverains (61 milliards USD)
11 % par les partenaires techniques et financiers (37 milliards USD)
Selon le rapport, 20 milliards de dollars ont déjà été mobilisés dans le cadre du projet Simandou.
De nouveaux projets structurants proposés par le CNT
Au cours de l’examen du texte, les conseillers nationaux ont formulé plusieurs propositions visant à renforcer l’impact social et territorial du programme.
Parmi les projets supplémentaires proposés figurent notamment :
l’acquisition progressive de 750 bus de transport urbain ;
la reconstruction de l’hôpital Ignace Deen d’ici 2028 ;
la construction de plus de 20 000 km de pistes rurales à l’horizon 2040 ;
la construction de routes préfectorales et d’infrastructures administratives ; la relance des rizeries nationales ;
la création d’unités de production industrielle locale (sucre, textiles, transformation agricole, etc.) ;
un programme national de reboisement de 150 000 hectares ; l’électrification des îles et des centres de santé ;
la construction d’équipements sportifs, culturels et sanitaires dans les régions.
Au total, 47 projets additionnels ont été suggérés par le CNT.
Des réformes pour améliorer la mobilisation des ressources
Pour soutenir la mise en œuvre du programme, les parlementaires ont également proposé 30 réformes supplémentaires destinées à améliorer la mobilisation des recettes publiques.
Ces réformes portent notamment sur :
la récupération des arriérés fiscaux auprès des entreprises redevables ;
la révision de certaines conventions minières ;
l’élargissement de l’assiette fiscale ;
la taxation de l’or artisanal à hauteur de 1 % de sa valeur ;
l’amélioration de la gestion des entreprises publiques ;
la rationalisation des dépenses publiques et l’accélération de l’exécution budgétaire.
Selon les estimations du CNT, ces mesures pourraient permettre de mobiliser au moins 15 000 milliards de francs guinéens supplémentaires.
Une réforme de la gouvernance du programme
Les discussions ont également porté sur la gouvernance du programme, notamment sur le rôle de la Delivery Unit, l’organe créé par décret pour piloter le programme.
Le CNT a estimé que les attributions initiales de cette structure étaient trop étendues, car elle cumulait des fonctions d’exécution, de suivi et d’évaluation des projets.
Dans la version amendée du projet de loi, la Delivery Unit est désormais limitée à des missions de suivi stratégique et d’évaluation des performances, tandis que l’exécution des projets relève exclusivement des ministères et structures sectorielles compétentes.
Au terme des débats le projet de loi a été adopté par la majorité des conseillers présents.
Pour ces conseillers nationaux, la mise en œuvre du Programme Simandou 2040 devrait permettre à la Guinée d’engager un véritable décollage économique, fondé sur la diversification économique, l’amélioration des infrastructures, la modernisation de l’État et une meilleure inclusion sociale.
Le programme ambitionne également de renforcer la gouvernance publique, la digitalisation de l’administration, la transition énergétique et la protection de l’environnement.
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