Le ministère de la Culture, du Tourisme et de l’Artisanat, à travers le Bureau Guinéen du Droit d’Auteur (BGDA), annonce une performance historique au titre de l’exercice 2025, avec une mobilisation globale de 13 639 341 196 GNF au profit des artistes et créateurs guinéens.
Cette annonce a été faite ce vendredi par le ministre Moussa Moïse Sylla, lors d’une conférence de presse tenue à la Maison commune des journalistes, à La Minière. La rencontre, qui a réuni les principaux acteurs du secteur culturel, a également servi de cadre au lancement du paiement des droits d’auteur et à la présentation des nouveaux outils numériques du BGDA, notamment son site web et ses applications.
Dans son intervention, le ministre a salué une étape « historique », marquant une rupture avec les anciennes pratiques de gestion. Il a souligné l’engagement des autorités à garantir une rémunération équitable aux créateurs, qu’il a qualifiés de piliers de l’identité culturelle nationale.
La réforme engagée repose sur trois axes majeurs : le renforcement des partenariats internationaux, notamment avec la CISAC et l’OMPI ; la digitalisation complète du système de gestion à travers l’application iBGDA ; ainsi que l’instauration du mécanisme de rémunération pour copie privée. Grâce au principe de réciprocité désormais rétabli, les artistes guinéens pourront percevoir leurs droits générés à l’étranger, tandis que les artistes étrangers bénéficieront également du paiement de leurs droits pour les œuvres exploitées en Guinée.
Le ministre a par ailleurs dénoncé les anciennes méthodes de gestion, jugées obsolètes et peu fiables, reposant sur des registres physiques parfois entachés d’irrégularités. Il a mis en avant les avantages du nouveau système numérique, qui garantit une meilleure traçabilité des œuvres et une répartition basée sur des données réelles de diffusion.
Le montant global collecté sera réparti après déduction des frais légaux, incluant les charges de gestion, les impôts, les contributions sociales et 25 % destinés au FODAC. La ventilation par catégorie de droits fait ressortir une prédominance de la copie privée, suivie des droits liés à la radio-télévision, aux services téléphoniques, à la communication au public et à d’autres formes d’exploitation des œuvres.
Le calendrier de répartition débutera le 13 avril 2026 avec les droits issus de la radio-télévision publique. Les paiements se poursuivront en mai avec la copie privée et les droits téléphoniques, pour s’étendre progressivement jusqu’en décembre 2026.
Insistant sur l’importance de la transparence, Moussa Moïse Sylla a affirmé que chaque étape du processus fera l’objet d’une communication détaillée, afin de garantir la compréhension des critères d’éligibilité et des modalités de calcul. Il a rappelé que ces ressources appartiennent aux créateurs et que leur gestion doit répondre aux exigences de redevabilité et de rigueur.
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