Le climat politique s’est brutalement tendu au Sénégal. Le président Bassirou Diomaye Faye a officiellement mis fin aux fonctions de son Premier ministre Ousmane Sonko, scellant ainsi la rupture d’un tandem arrivé au pouvoir en mars 2024 avec la promesse d’incarner une nouvelle ère politique.
Depuis plusieurs mois, les divergences entre les deux hommes ne cessaient de s’afficher publiquement, transformant progressivement leur alliance politique en véritable bras de fer institutionnel. Les premières fissures sont apparues en juillet 2025, lorsque Ousmane Sonko avait dénoncé un « manque d’autorité » au sommet de l’État, reprochant au chef de l’État son silence face aux attaques visant la Primature ainsi que la lenteur des réformes promises, notamment en matière de gouvernance et de reddition des comptes.
La crise s’est aggravée en novembre 2025 après la décision du président Bassirou Diomaye Faye de relancer la coalition ayant porté le pouvoir et de confier sa direction à Aminata Touré, malgré l’opposition du leader du Pastef. Ce choix avait alors été perçu, au sein du parti, comme une remise en cause de l’influence politique d’Ousmane Sonko.
Au fil des mois, les tensions se sont accentuées à travers des déclarations publiques de plus en plus directes. En mars 2026, Ousmane Sonko évoquait déjà la possibilité d’un retour dans l’opposition, parlant même d’une « cohabitation douce ». Quelques semaines plus tard, le président sénégalais laissait entendre, lors d’un entretien avec la presse, qu’un limogeage du Premier ministre n’était plus exclu en cas de perte de confiance.
Vendredi, devant les députés, Ousmane Sonko a une nouvelle fois affiché ses désaccords avec le chef de l’État, notamment sur la gestion et le contrôle des fonds politiques de la présidence et de la Primature. « Le président s’est trompé », a-t-il déclaré, appelant à l’adoption rapide d’une réforme sur la transparence des finances publiques. Des propos qui auraient accéléré une rupture devenue inévitable.
L’annonce de son limogeage a immédiatement provoqué une vague de réactions sur les réseaux sociaux et dans plusieurs lieux symboliques de Dakar, où des centaines de sympathisants se sont mobilisés pour exprimer leur soutien à l’ancien Premier ministre. De son côté, le parti Pastef a salué, dans un communiqué, « le travail remarquable accompli par le Premier ministre et son gouvernement », tout en annonçant la préparation de son congrès prévu le 6 juin prochain.
Cette séparation politique ouvre désormais une nouvelle séquence politique au Sénégal, avec en toile de fond une recomposition des rapports de force au sommet de l’État et de possibles ambitions présidentielles pour les années à venir.
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