À l’issue de la séance plénière de l’Assemblée nationale du samedi 24 octobre 2026, consacrée à la présentation du Projet de Loi de Finances Rectificative (PLFR) pour l’exercice 2026, l’Honorable Ansoumane Fofana, député et président du Rassemblement des Guinéens pour l’Alternance (RGA), a partagé son analyse des principales orientations économiques et budgétaires du pays. Pour l’élu, l’efficacité de la dépense publique, la préservation du pouvoir d’achat, le soutien aux entreprises nationales et la création d’emplois pour les jeunes doivent demeurer au cœur de l’action gouvernementale et du contrôle parlementaire. Lisez
RESTITUTION PARLEMENTAIRE | PLÉNIÈRE DU 24 OCTOBRE 2026
Projet de Loi de Finances Rectificative (PLFR), exercice 2026
Que signifient les chiffres du budget pour le peuple de Guinée ?
Le samedi 24 octobre 2026, nous avons pris part à la séance plénière de l’Assemblée nationale consacrée à la présentation du Projet de Loi de Finances Rectificative pour l’exercice 2026, après trois journées de formation sur le processus budgétaire.
À cette occasion, le ministre du Plan et de la Coopération internationale, M. Ismaël Nabé, le premier vice-gouverneur de la Banque centrale, M. Mohamed Lamine Conté, puis la ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, Mme Mariama Ciré Sylla, ont présenté des éléments importants pour comprendre les perspectives économiques et les choix budgétaires de notre pays.
Voici les principaux enseignements que je souhaite partager avec mes concitoyens.
1. SIMANDOU 2040 : DES AMBITIONS DE DÉVELOPPEMENT À CONCRÉTISER
Dans sa communication, le ministre Ismaël Nabé a présenté les perspectives de développement de la Guinée, dans un contexte international marqué par les tensions géopolitiques, les incertitudes sur les marchés et la hausse des coûts de financement.
Parmi les chiffres et annonces présentés :
* 8,6 % de croissance économique projetée pour 2026, selon les perspectives exposées par le ministre du Plan ;
* 284,8 millions de dollars américains de ressources de coopération attendues pour la période 2025-2026 ;
* 100 millions de yuans chinois annoncés sous forme d’appui non remboursable, auxquels s’ajoutent 8 millions de dollars pour la réalisation de 400 forages d’eau potable ;
* 200 millions de dollars de perspectives de financement pour l’autoroute Kagbélen–Tanènè ;
* 310,5 millions d’euros d’engagements annoncés de la Banque d’Investissement et de Développement de la CEDEAO pour six projets prioritaires ;
* Une ambition d’investissement du Royaume-Uni portée de 1,8 à 2,7 milliards de livres sterling.
Le ministre a également rappelé les perspectives offertes par le programme Simandou 2040 et l’importance des partenariats internationaux.
L’enjeu est désormais de transformer ces annonces en projets effectivement financés, exécutés et utiles aux populations. Il importe de distinguer les intentions, les engagements, les accords opérationnels et les fonds réellement décaissés.
2. BANQUE CENTRALE : PRÉSERVER LA STABILITÉ ÉCONOMIQUE ET LE FINANCEMENT DE L’ÉCONOMIE
Le premier vice-gouverneur de la Banque centrale a ensuite attiré l’attention des députés sur les conséquences des ajustements budgétaires pour la stabilité des prix, la liquidité bancaire et le financement du secteur privé.
Parmi les principaux indicateurs présentés :
* Le taux d’inflation moyen prévu passe de 3,7 % à 5,2 % ;
* Le déficit budgétaire prévisionnel est évoqué entre 2,07 % et 2,1 % du PIB, selon les données présentées par la Banque centrale ;
* Les dépenses courantes augmentent de 19 % ;
* Les dépenses d’investissement diminuent de 11,8 %.
La Banque centrale a notamment souligné qu’un recours important aux titres publics peut mobiliser les ressources des banques au profit du financement de l’État et réduire, dans certaines conditions, les possibilités de crédit accordées aux entreprises privées.
Cette observation mérite une attention particulière : notre économie a besoin d’investissements publics efficaces, mais également d’entreprises capables de créer des emplois, de transformer nos matières premières et de développer la production nationale.
La stabilité monétaire doit aller de pair avec le financement de l’économie réelle et la protection du pouvoir d’achat.
3. FINANCES PUBLIQUES : QUE NOUS APPRENNENT LES CHIFFRES DU BUDGET RECTIFICATIF ?
En dernière position, la ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, Mme Mariama Ciré Sylla, a présenté les principaux ajustements du PLFR 2026.
Les chiffres communiqués font notamment ressortir :
* 44 225 milliards de GNF de recettes liquides mobilisées au 15 octobre 2026, soit 85 % des prévisions de la loi de finances initiale ;
* 29 982 milliards de GNF de dépenses engagées à la même date, soit environ 54 % des prévisions selon les comptes rendus disponibles ;
* Une augmentation prévisionnelle des recettes de 4 206,4 milliards de GNF, soit 5,5 % ;
* Une progression prévue des recettes fiscales de 8 %, portant la pression fiscale à 14,2 % du PIB, contre 12,9 % initialement ;
* Une diminution de 9,5 % des recettes minières, selon la présentation rapportée ;
* Une hausse globale des dépenses de 5,8 % ;
* Une baisse des dépenses d’investissement de 2 729 milliards de GNF, liée notamment à la révision de certains projets de Simandou 2040 ;
* Un déficit budgétaire désormais estimé à 2,01 % du PIB, contre 2,07 % dans la loi de finances initiale.
Un autre chiffre mérite l’attention des citoyens : le gouvernement prévoit 5 489 milliards de GNF pour les subventions aux produits pétroliers, dans le cadre de la politique de maintien du prix du litre à 12 000 GNF. Les pertes de recettes associées aux mesures consenties sur ces produits sont estimées à 4 576,7 milliards de GNF.
Cet effort vise à limiter l’impact des fluctuations internationales sur les ménages et les opérateurs économiques. Il doit toutefois s’accompagner d’un suivi transparent afin de garantir que les ressources consacrées à cette politique bénéficient effectivement à l’économie et aux consommateurs.
4. QUELLE RESPONSABILITÉ POUR L’ASSEMBLÉE NATIONALE ?
Dans son discours, le président de l’Assemblée nationale, Dr Dansa Kourouma, a rappelé une exigence essentielle : le budget ne doit pas être apprécié uniquement à travers les recettes, les dépenses et les équilibres comptables, mais également à travers ses effets réels sur les conditions de vie des citoyens.
Cette exigence doit guider notre travail parlementaire.
Les chiffres doivent nous conduire à poser des questions concrètes :
* Les financements annoncés sont-ils effectivement décaissés ?
* Les projets financés sont-ils réalisés dans les délais et conformément aux coûts prévus ?
* Les investissements publics produisent-ils les résultats attendus ?
* Les subventions contribuent-elles réellement à protéger le pouvoir d’achat ?
* Les ressources de l’État sont-elles suffisamment orientées vers la santé, l’éducation, l’agriculture, les infrastructures et l’emploi des jeunes ?
* Les citoyens peuvent-ils constater une amélioration de leurs conditions de vie ?
Car derrière chaque ligne budgétaire, il y a des familles, des travailleurs, des commerçants, des agriculteurs, des artisans, des entrepreneurs et des jeunes qui attendent des réponses concrètes.
5. MON ENGAGEMENT AU SERVICE DES CITOYENS
En ma qualité de député national et de membre de la Commission Commerce, Hôtellerie, Tourisme et Artisanat, je considère que notre responsabilité est de contribuer à l’examen rigoureux des choix budgétaires, au contrôle de l’action gouvernementale et à l’évaluation des politiques publiques.
Je serai particulièrement attentif aux mesures qui favorisent la production nationale, soutiennent les petites et moyennes entreprises, valorisent le tourisme et l’artisanat et créent des opportunités pour notre jeunesse.
Je salue les communications des trois intervenants ainsi que les orientations rappelées par le président de l’Assemblée nationale. Le renforcement des capacités des députés doit désormais se traduire par des analyses plus approfondies, des recommandations pertinentes et un suivi plus rigoureux des engagements publics.
Mon principe est simple : les ambitions nationales doivent se traduire en résultats mesurables ; les financements doivent devenir des réalisations ; et le développement doit se ressentir dans la vie quotidienne des Guinéennes et des Guinéens.
C’est dans cet esprit que je continuerai à exercer mon mandat, dans une démarche constructive, responsable et attentive aux préoccupations citoyennes.
Que Dieu bénisse la Guinée et guide nos institutions au service de la Nation.
Honorable Ansoumane Fofana
Député national
Président du Rassemblement des Guinéens pour l’Alternance (RGA)
Servir le peuple, construire la nation.
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