Le gouvernement guinéen a présenté un vaste programme de modernisation des transports visant à désengorger Conakry et à améliorer les liaisons intérieures et régionales. Annoncées par le porte-parole Ousmane Gaoual Diallo, les mesures portent sur l’introduction de bus modernes, le développement de taxis électriques et la création possible d’une compagnie aérienne nationale.

Sur le volet autobus, l’État indique avoir acquis un premier lot de 50 véhicules — dont une vingtaine pour le réseau interurbain — et prévoit des livraisons supplémentaires pour atteindre 200 bus : 120 pour Conakry et 80 répartis entre Kankan, N’Zérékoré, Labé–Pita et Kindia (environ 20–25 véhicules par capitale régionale). La mise en service reste toutefois subordonnée à deux conditions : l’installation d’abris-bus adaptés et la définition d’un modèle d’exploitation fiable. Selon le ministre des Transports, les travaux d’installations d’abribus sont en cours (des prototypes ont déjà été implantés, notamment devant la Banque centrale) et les bus seront confiés à des sociétés privées organisées en groupements d’intérêt économique, qui recevront des fonds de roulement pour assurer le renouvellement de la flotte.

Le gouvernement évoque aussi la création d’une compagnie aérienne nationale en partenariat avec des investisseurs privés guinéens. Des négociations avancées pourraient aboutir à l’acquisition d’ici la fin de l’année de deux petits appareils (60–70 places) pour desservir des routes régionales telles que Conakry–Kankan–Bamako, Conakry–Monrovia ou Abidjan, ainsi que des liaisons vers Labé et Banjul. À terme, si la compagnie se pérennise, des investissements vers des lignes long-courriers pourraient être envisagés.

Concernant les taxis électriques, l’État privilégie un rôle d’incitateur plutôt que d’opérateur. La dernière loi de finances rectificative a déjà réduit significativement les droits d’importation des véhicules neufs (de 44 % à 12 %) et l’exécutif souhaite aller plus loin pour les véhicules électriques (objectif évoqué : 7 %) afin de favoriser le renouvellement du parc automobile. Un partenaire privé aurait commandé 300 taxis électriques attendus avant la fin octobre 2025, avec une ambition nationale portée à 2 000 véhicules à terme.

Le modèle retenu privilégie l’accès facilité pour les particuliers : achat avec paiement échelonné (sur environ deux ans) et exploitation via une application locale comparable à Uber. Cette plateforme centralisera la gestion des recettes, le remboursement des prêts et le suivi opérationnel — y compris des dispositifs de sécurisation à distance (blocage en cas de non-paiement ou de circulation en zones non autorisées) — afin de protéger l’investissement des opérateurs et des financeurs.

Le gouvernement assure que, malgré des retards dans le décaissement des fonds pour les abribus, les travaux vont s’accélérer. Si le calendrier est respecté, de nouveaux bus et un déploiement progressif des taxis électriques devraient être visibles d’ici la fin de l’année et l’année suivante.