À moins de deux semaines de l’ouverture de la COP30, prévue le 10 novembre à Brasilia, l’Union européenne (UE) n’a toujours pas déposé son plan climat auprès de l’ONU. La date limite est pourtant dépassée depuis plusieurs semaines, et les Vingt-Sept peinent encore à trouver un terrain d’entente sur leurs ambitions environnementales.
Le texte, qui doit être validé le 4 novembre lors d’une réunion des ministres européens de l’Environnement, fixe un objectif de réduction de 90 % des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2040. Un chiffre jugé trop contraignant par certains pays comme l’Italie et la Pologne, qui invoquent la fragilité de leur industrie, tandis que l’Espagne et la Suède appellent à davantage d’ambition.
La France, de son côté, reste réticente. Elle conteste le projet actuel, malgré l’introduction de clauses de révision permettant d’ajuster l’objectif en fonction de l’impact économique.
Les crédits carbone au cœur des désaccords
L’un des principaux points de blocage concerne le recours aux crédits carbone internationaux, permettant aux États membres de compenser une partie de leurs émissions dans des pays en développement. Le projet actuel autoriserait 3 % de réductions via ces mécanismes, mais Paris souhaite relever ce seuil à 5 % à partir de 2036.
Un dispositif qui divise : l’Allemagne soutient la limite de 3 %, tandis que des pays comme le Danemark refusent tout recours à ces crédits, souvent critiqués pour leur manque de fiabilité. Une enquête du Guardian a notamment révélé que près de 90 % des crédits forestiers seraient inefficaces pour lutter contre le réchauffement.
La France plaide enfin pour une révision tenant compte de la baisse de capacité des puits de carbone naturels, notamment les forêts, moins aptes à stocker le CO₂.
À quelques jours du sommet, l’Union européenne risque ainsi d’arriver à Brasilia sans position commune, affaiblissant son crédit climatique face aux autres grandes puissances mondiales.
Source RFI




