Home À LA UNE COP30 à Belém : sauver le multilatéralisme climatique au chevet de la...

COP30 à Belém : sauver le multilatéralisme climatique au chevet de la planète

La 30ᵉ Conférence des Nations unies sur le climat (COP30) s’est ouverte à Belém, aux portes de l’Amazonie brésilienne, sous le slogan de la « COP des peuples, de la vérité et de l’action ». Près de 50 000 participants issus de 190 délégations sont attendus pour tenter de relancer une dynamique mondiale face à l’urgence climatique.

Pourtant, le ton est grave. À peine la moitié des pays ont soumis leurs nouveaux plans climat, et les ambitions affichées laissent entrevoir un réchauffement de 2,4 °C d’ici la fin du siècle – un scénario catastrophique pour la planète.

Mettre fin à la dépendance aux énergies fossiles

Le débat central de cette COP reste la sortie du pétrole, du gaz et du charbon, un sujet aussi incontournable que tabou. Le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva a appelé, lors du sommet des chefs d’État, à préparer la fin des énergies fossiles, symbole d’un modèle de développement désormais à bout de souffle. Mais le consensus paraît lointain : les pays producteurs de pétrole continuent de freiner toute avancée sur le sujet.

Les peuples autochtones et la société civile en première ligne

Après trois COP organisées dans des pays autoritaires, la société civile fait son grand retour. Les peuples autochtones, gardiens de l’Amazonie, entendent jouer un rôle central dans les discussions. Leur message est clair : la lutte contre le réchauffement climatique passe par la préservation des forêts tropicales et le respect des droits des communautés locales.

Adapter les pays du Sud aux catastrophes climatiques

Pour les pays du Sud, notamment en Afrique, l’adaptation aux catastrophes naturelles déjà à l’œuvre est une priorité absolue. Les négociateurs travaillent à définir une centaine d’indicateurs pour mesurer le niveau de préparation des États. Mais la principale revendication reste la même : le financement. Sans moyens conséquents, aucune adaptation durable n’est possible.

Financer la transition : le nerf de la guerre

Le financement climatique demeure le point de blocage majeur. Après l’échec de la COP29, où les pays riches avaient promis 300 milliards de dollars par an – une somme jugée dérisoire –, le Brésil propose de viser 1 300 milliards de dollars. Une ambition qui risque de raviver les tensions, tant aucune grande puissance ne semble prête à payer la facture.

Face à ces divisions, la présidence brésilienne mise sur une approche pragmatique : éviter une déclaration finale trop ambitieuse et favoriser des engagements concrets entre États volontaires, dans l’espoir de sauver ce qui peut l’être du multilatéralisme climatique.

Source rfi.fr