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CRIEF : Mohamed Lamine Bangoura visé par de nouvelles accusations de détournement et de malversations

Le dossier judiciaire de Mohamed Lamine Bangoura, ancien président de la Cour constitutionnelle, connaît un nouveau rebondissement. Déjà poursuivi pour des faits présumés de détournement portant sur plusieurs milliards de francs guinéens, il fait désormais face à des accusations supplémentaires liées à des retenues de salaires et de primes au détriment de ses anciens collaborateurs. Lundi 30 mars 2026, devant la Chambre de jugement de la Cour de Répression des Infractions Économiques et Financières (CRIEF), un ancien greffier en chef a livré un témoignage accablant, évaluant le préjudice salarial à plus de 2 milliards 738 millions de francs guinéens.

À la barre, Lancinet Kankou Kourouma a retracé son parcours au sein de l’institution depuis sa création en 2015, précisant qu’il percevait initialement un salaire de 3 millions de francs guinéens. Il a ensuite évoqué un décret signé en 2017 par l’ancien président Alpha Condé, fixant la rémunération du greffier en chef à 16,5 millions de francs guinéens, un montant qu’il affirme n’avoir jamais perçu. Selon lui, une subvention de 9 milliards accordée en 2019 à la Cour constitutionnelle n’aurait pas bénéficié aux greffiers, dénonçant des « injustices » et un « complot » au sein de l’administration dirigée par Mohamed Lamine Bangoura.

Le témoin a également affirmé que les greffiers avaient été sanctionnés pour avoir réclamé leurs droits, dans un contexte marqué, selon ses propos, par des manœuvres visant à écarter feu Kéléfa Sall, ancien président de la Cour constitutionnelle décédé en 2019. « Nous avons été marginalisés et maltraités parce qu’ils convoitaient le poste », a-t-il déclaré, pointant directement du doigt l’ancien président de l’institution et certains de ses collaborateurs.

Poursuivant sa déposition, Lancinet Kankou Kourouma a accusé Mohamed Lamine Bangoura de détournement de ses émoluments entre 2016 et 2021, affirmant n’avoir perçu ni les montants prévus par décret ni certains avantages liés à sa fonction, y compris lorsqu’il assurait l’intérim au poste de greffier en chef. Ces accusations viennent s’ajouter à celles portant déjà sur un présumé détournement de 20 milliards de francs guinéens, correspondant à une subvention accordée à la Cour constitutionnelle, dans une affaire qui l’oppose notamment à l’Agent judiciaire de l’État.

L’audience a été renvoyée au 1er avril 2026 pour la poursuite des débats. Cette affaire, suivie de près par l’opinion publique, pourrait marquer un tournant majeur dans la lutte contre la corruption et la gouvernance des institutions en Guinée.

Webguinee.info