Aux États-Unis, une inquiétante tendance prend de l’ampleur : des parents refusent que leurs enfants reçoivent des transfusions sanguines provenant de donneurs vaccinés contre le Covid-19. Convaincus, à tort, que ce sang présente un danger, ils exigent des dons provenant exclusivement de personnes non vaccinées. Pourtant, selon des spécialistes et une étude publiée dans la revue scientifique Transfusion, aucune preuve ne démontre un risque lié au sang de donneurs vaccinés, les composants des vaccins ne se transmettant pas par voie sanguine.
Entre 2024 et 2025, le Vanderbilt University Medical Center a enregistré plusieurs demandes de ce type, principalement pour des patients mineurs. Faute de garanties sur le statut vaccinal des donneurs — une donnée non collectée par les banques de sang — de nombreuses familles se tournent vers le don dirigé, souvent assuré par des proches. Or, ce procédé est jugé plus risqué par les médecins, notamment en raison d’un moindre contrôle sanitaire et du fait que ces donneurs sont fréquemment novices. Certains cas ont même conduit à une aggravation de l’état des patients après un refus ou un retard de transfusion standard.
Cette situation, alimentée par la désinformation et parfois soutenue par des initiatives politiques locales, complique le travail des équipes médicales et aggrave la pénurie de sang. La Croix-Rouge américaine a d’ailleurs signalé une baisse significative des dons en 2026. Face à cette pression croissante, les professionnels de santé multiplient les mises en garde, rappelant que ces refus injustifiés peuvent mettre en danger la vie des patients et désorganiser les systèmes de soins.




