Home À LA UNE Affaire CRIEF : Badra Koné conteste la procédure, la Cour maintient sa...

Affaire CRIEF : Badra Koné conteste la procédure, la Cour maintient sa détention et poursuit l’examen du dossier

 

Présenté devant la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF) ce mercredi 29 avril 2026, Badra Aliou Cheickna Koné a vu son dossier inscrit au rôle additif de la journée.

Candidat du parti Génération pour la Modernité et le Développement (GMD) à la mairie de Matam et ancien président de la délégation spéciale de la commune, il est poursuivi pour de multiples infractions, notamment détournement de deniers publics, corruption d’agents publics, faux et usage de faux en écritures publiques, escroquerie, prise illégale d’intérêts, conflit d’intérêts, enrichissement illicite, blanchiment de capitaux et complicité.

Selon l’accusation, les faits remonteraient à février 2021 et porteraient sur un montant estimé à 240 milliards de francs guinéens. Il lui est reproché d’avoir indûment perçu ces fonds en manipulant des documents administratifs et en favorisant une entreprise dans l’attribution d’un marché public.

Avant toute réponse sur le fond, la défense, conduite par Maître Lanciné Sylla, a soulevé une exception de procédure fondée sur l’article 66 du Code électoral. Elle soutient que ce texte interdit toute poursuite judiciaire contre un candidat avant la proclamation des résultats électoraux. Les avocats ont ainsi sollicité la suspension des poursuites jusqu’à l’issue des élections communales prévues le 31 mai 2026, ainsi que la mise en liberté de leur client afin de garantir l’égalité des chances entre candidats.

Ils ont également relevé un manque de précision quant aux montants évoqués dans le dossier depuis l’ouverture de la procédure.

Le ministère public, représenté par le procureur spécial près la CRIEF, Alphonse Charles Wright, a rejeté cette argumentation. S’appuyant sur les dispositions légales régissant la juridiction, il a rappelé que certaines immunités ou privilèges de juridiction ne sont pas opposables à la CRIEF. Il a en outre souligné que la candidature de l’intéressé reste provisoire et que l’affaire est traitée en procédure de flagrant délit, ce qui, selon lui, exclut l’application de l’exception soulevée.

En réponse, la défense a insisté sur la distinction entre procédure de flagrance et flagrant délit, estimant que les conditions juridiques de ce dernier ne sont pas réunies. Elle a également précisé qu’il ne s’agit pas d’une immunité totale, mais d’une simple suspension des poursuites pendant la période électorale.

S’agissant de la demande de mise en liberté, le ministère public s’y est opposé, évoquant un risque de dissimulation de preuves. De son côté, la partie civile a proposé le versement d’une caution financière en guise de garantie.

Webguinee.info