Home À LA UNE Trafic d’espèces protégées : 359 kg d’écailles de pangolin saisis à Conakry

Trafic d’espèces protégées : 359 kg d’écailles de pangolin saisis à Conakry

Les Services spéciaux chargés de la lutte contre le crime organisé ont annoncé la saisie de 359 kilogrammes d’écailles de pangolin lors d’une opération menée le lundi 20 juillet 2026 à Yimbaya Tannerie, dans la commune de Matoto. La cargaison, transportée à bord d’un taxi immatriculé AP 5677, a été interceptée vers 13 heures. Trois personnes ont été interpellées dans le cadre de cette affaire, considérée comme un important coup porté au trafic d’espèces sauvages protégées.

Présentant les résultats de l’opération à la presse, le commissaire divisionnaire Foromo Soropogui a indiqué que les principaux suspects, Ousmane Sidibé, alias « Toubadou », et Aly Sylla, ont reconnu les faits qui leur sont reprochés. Selon les enquêteurs, ils appartiendraient à un réseau criminel opérant entre plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest. Un autre membre présumé de ce réseau aurait récemment été arrêté en Côte d’Ivoire alors qu’il tentait d’acheminer une cargaison vers le Liberia. Le chauffeur du taxi, Samba Sidibé, est poursuivi pour complicité, les enquêteurs estimant qu’il avait connaissance de la nature de la marchandise transportée.

Au cours de son audition devant les journalistes, Ousmane Sidibé a reconnu que les écailles étaient destinées à des marchés situés en Europe et en Asie, où elles sont utilisées dans certaines pratiques de médecine traditionnelle et de croyances populaires. Pourtant, les spécialistes rappellent que les écailles de pangolin sont constituées uniquement de kératine, une substance dépourvue de propriétés thérapeutiques scientifiquement reconnues.

Considéré comme le mammifère le plus victime du trafic illégal au monde, le pangolin joue un rôle essentiel dans l’équilibre des écosystèmes en régulant les populations d’insectes. Sa reproduction particulièrement lente, avec un seul petit par an, rend l’espèce très vulnérable au braconnage.

Les autorités guinéennes rappellent que le pangolin bénéficie d’une protection intégrale en vertu de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES), ratifiée par la Guinée, ainsi que des dispositions du Code de protection de la faune sauvage et du Code pénal.

À l’issue de l’enquête préliminaire, les trois suspects ainsi que les pièces à conviction ont été mis à la disposition du parquet compétent. Les autorités judiciaires devront désormais se prononcer sur les poursuites engagées dans cette affaire, qui illustre l’ampleur du trafic d’espèces protégées en Afrique de l’Ouest.

webguinée.info