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Guinée : Le Ministère de l’Administration du Territoire enjoint l’UFDG à suspendre son congrès extraordinaire

Le Ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation (MATD) a adressé une notification officielle au président de l’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG), lui ordonnant la suspension immédiate de l’organisation du congrès extraordinaire prévu pour le 6 juillet 2025. Cette injonction fait suite à une saisine formulée par le Mouvement des Réformateurs de l’UFDG (MR-UFDG), enregistrée le 20 juin 2025.

Selon les éléments portés à la connaissance du ministère, plusieurs irrégularités présumées entacheraient le processus d’organisation de ce congrès. Le MR-UFDG évoque notamment le non-respect des articles 16.8 et 16.9 des statuts du parti ainsi que de l’article 17.4 du règlement intérieur, relatifs aux délais de convocation, à la transmission des documents préparatoires et aux compétences requises pour convoquer un congrès extraordinaire.

Le ministère dénonce également la modification unilatérale de l’ordre du jour initial, réduisant les possibilités de débats internes, ainsi que l’exclusion jugée arbitraire de certains membres statutaires. Parmi eux figure M. Ousmane Gaoual Diallo, dont la réintégration au sein du parti a été ordonnée par une décision du Tribunal de Première Instance de Dixinn, en date du 23 mai 2025.

Dans cette correspondance, le MATD rappelle que l’appel interjeté contre cette décision n’a pas d’effet suspensif en l’état actuel de la procédure, et que toute action allant à l’encontre de la décision judiciaire expose ses auteurs à des poursuites administratives et pénales.

En conséquence, le ministère enjoint formellement à la direction de l’UFDG de :

  1. Suspendre sans délai toutes les démarches liées à l’organisation du congrès extraordinaire du 6 juillet 2025, tant que les statuts du parti ne sont pas respectés dans leur intégralité ;
  2. Exécuter pleinement la décision de justice relative à la réintégration de M. Diallo ;
  3. Engager un dialogue inclusif, réunissant toutes les sensibilités du parti, dont le MR-UFDG, sous l’égide d’une commission paritaire, afin d’apaiser les tensions internes et garantir la légitimité des futures instances issues du congrès.

Le ministère exige par ailleurs que le parti l’informe, dans un délai de 48 heures, des mesures concrètes prises pour se conformer à ces injonctions. À défaut, le département se réserve le droit de prendre toutes les mesures jugées nécessaires pour faire respecter la légalité républicaine.

Cette décision intervient dans un climat politique tendu au sein de l’UFDG, marqué par des divisions internes croissantes entre la direction actuelle et les réformateurs, qui contestent la gouvernance du parti et réclament une restructuration plus démocratique.

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