Guinée-Bissau : le général Horta N’Tam prend la tête de la transition pour un an après la prise de contrôle militaire
Le général Horta N’Tam, ancien chef d’état-major de l’armée de terre, a été officiellement investi président de la transition par le Haut commandement militaire, ce jeudi 27 novembre à Bissau. L’armée, qui affirme avoir pris le contrôle total du pays la veille, a annoncé que cette transition durera douze mois. La cérémonie d’investiture, organisée dans une atmosphère sobre au siège de l’état-major, s’est tenue sous haute sécurité. Proche du président déchu Umaro Cissoko Embalo, toujours détenu, Horta N’Tam a justifié la prise de pouvoir par la nécessité de contrer une menace de déstabilisation attribuée à des réseaux de narcotrafic. Le nouveau dirigeant militaire a également ordonné la réouverture des frontières, tandis que plusieurs opposants, magistrats et figures politiques, dont Domingos Simoes Pereira, ont été arrêtés.
Dans la capitale Bissau, l’atmosphère reste tendue : commerces fermés, rues désertes et forte présence militaire malgré la levée du couvre-feu. Les médias privés demeurent suspendus, rendant les informations difficiles à vérifier. Sur le plan international, la Cédéao a vivement condamné ce qu’elle qualifie de « coup d’État », dénonçant l’interruption illégale du processus électoral et exprimant sa préoccupation quant au sort des personnalités arrêtées. Plusieurs pays, dont le Ghana, ont également réagi en dénonçant le putsch, tandis que la Russie et l’ONU appellent à la retenue. Le Sénégal, voisin influent de la Guinée-Bissau, n’a pour l’instant pas commenté la situation.